Changer de posture physique pour reprendre le pouvoir sur le harcèlement scolaire
Changer de posture physique pour reprendre le pouvoir sur le harcèlement scolaire

Certains enfants harcelés ont tellement peurs qu'ils souhaiteraient devenir invisibles et même disparaître. En se cachant, ils montrent leur peur et renforcent la posture de dominant de leur harceleur.

Modifier sa posture physique peut avoir un impact significatif sur l'état émotionnel et la confiance en soi d'un enfant. Un enfant bien dans ses baskets, ça se voit ! Se rendre à l'école, arpenter les couloirs ou attendre le bus, la tête rentrée/ les épaules voutées, peut renvoyer aux autres un message implicite de vulnérabilité, et inversement.

Quelle posture l'enfant que vous accompagnez a t-il déjà testé et/ ou a-t-il envie de tester ?

Un enfant qui a besoin de booster sa confiance en soi pourrait, par exemple, choisir d'adopter une « posture de pouvoir » pendant seulement 2 min avant de se rendre à l'école. L’une des plus connues est celle de Wonderwoman : les jambes écartées, les mains sur les hanches, le menton haut et droit.

S'appuyer sur des amis contre le harcèlement scolaire
S'appuyer sur des amis contre le harcèlement scolaire

Le simple fait de parler à des amis de ce qu'il a vécu, de ce qu'il vit ou de ce qu'il a observé permet à un enfant de se sentir entendu, compris et soutenu. Savoir qu'il peut compter sur ses amis pour le soutenir et l'aider peut renforcer la confiance en soi d'un enfant. Cela lui rappelle qu'il est apprécié et qu'il a des personnes (hors famille et enseignants) sur qui compter en cas de besoin.

Le fait de rester avec ses amis peut également dissuader les harceleurs de continuer leurs comportements. Dans les cas d'enfants particulièrement isolés, la thérapeute Emmanuelle Piquet préconise la mise en place d'un "cordon de sécurité", qui consiste à aller voir 10 enfants durant la cour de récré pour des échanges brefs de 30 secondes à 2 minutes.

Pour certain enfant, exprimer ses émotions et prendre des décisions en dessinant peut être plus facile que de le faire avec des mots.

Cela peut lui permettre de prendre du recul, de mieux gérer son stress, d’augmenter sa créativité en matière de résolution des problèmes, et d’être plus réaliste dans la perception de sa propre image.

Pas besoin d’être un grand dessinateur ou de réfléchir à quoi dessiner, l'enfant doit simplement se laisser aller, dessiner de manière intuitive, représenter avec les formes, lignes, couleurs, détails et supports de leur choix ce qui lui vient spontanément. Pour se connecter à son ressenti, il peut éventuellement fermer les yeux, puis, dessiner sur une première feuille de papier ce qu’il a ressenti, et sur une autre feuille ce qu’il voudrait ressentir. Il peut également se demander en quoi ses deux dessins sont similaires, en quoi ils sont différents, ce que ces dessins lui ont appris sur lui ou sur la situation vécue ou observée.

Dessiner pour exprimer des faits de harcèlement scolaire
Dessiner pour exprimer des faits de harcèlement scolaire

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Utiliser ses forces et talents contre le harcèlement scolaire
Utiliser ses forces et talents contre le harcèlement scolaire

Selon les chercheurs en psychologie positive, il existe 24 forces de caractère universelle chez tous les êtres humains, petits ou grands, sur lesquels nous pouvons naturellement nous appuyer pour interagir avec les autres, régler nos conflits, progresser : 1) la sagesse, 2) le goût d’apprendre, 3) l’esprit critique, 4) la curiosité, l’intérêt accordé au monde, 5) la créativité, l’ingéniosité, l’originalité, 6) l’émerveillement, 7) la gratitude, 8) l’espoir, l’optimisme, 9) l’humour, 10) la spiritualité, 11) la justice, l’équité, l’impartialité, 12) le leadership, 13) l’esprit d’équipe, 14)  le pardon, 15) l’humilité, la modestie, 16) la prudence, la précaution, la discrétion, 17) la maîtrise de soi, l’autorégulation, 18) le courage, la bravoure, 19) l’enthousiasme, la vitalité, la joie de vivre, 20) l’honnêteté, l’intégrité, la sincérité, 21) la persévérance, l’assiduité, l’application, 22) l’intelligence sociale, 23) la gentillesse, la générosité, 24) l’amour.

Vous pouvez, par exemple, poser les questions suivantes à l'enfant : Comment ce personnage que tu adores a confiance en lui ? Que sait-il faire ? Comment s'y prend-il ? Quelles forces, quels talents le caractérisent ? Comment est-ce que tu peux l'imiter ? Qu’est-ce que les autres enfants et adultes te disent que tu sais super bien faire ? Quelles sont les activités que tu apprécies ou celles où tu excelles ? Elles représentent ses forces/ talents et constituent son bouclier de confiance !

Développer sa répartie contre le harcèlement scolaire
Développer sa répartie contre le harcèlement scolaire

Ici, il s’agit de proposer à l'enfant intéressé des jeux de rôles pour l'entraîner à riposter du tac au tac, afin qu’il soit préparé à l’attaque plutôt que de la craindre. 

Il ne s’agit pas de le rendre agressif, mais de le placer dans une attitude de "résistance" grâce à des phrases toutes faites répondant à côté de l'attaque verbale du harceleur, en confirmant ses dires, ou en utilisant l'humour/ l'autodérision. Développer sa repartie, savoir et oser répondre aux attaques verbales, demande un certain entraînement pour les enfants mais, tout comme le changement de posture physique, fait une grande différence auprès du ou des harceleurs.

Vous pouvez ainsi aider l'enfant à réfléchir par le questionnement : "Si tu avais une baguette magique puissante qui pouvait répondre à ta place, qu'aurais-tu aimé répondre à ... quand il/ elle t'a dit ...?"

L'idée n'est pas d'imposer à l'enfant une ou plusieurs cartes "ressources" plutôt qu'une autre (parce qu'en tant qu'adulte, elles nous plaisent davantage, elles nous semblent plus adaptées...), mais de laisser choisir l'enfant celle(s) qui l'attire(nt) et de l'amener à discuter autour de celle(s)-ci.

Quand un enfant est en colère, il a beaucoup de force et de volonté. Il peut utiliser cette énergie pour se défendre et dire fermement : “Stop !”, “Ca suffit “.

Dans certaines situations, le simple fait d'exprimer son désaccord suffit à calmer le jeu.

L'enfant peut également s'entraîner à utiliser la technique des messages clairs, inspirée de la Communication Non Violente. Celle-ci consiste à exposer les faits, expliciter son ressenti et formuler une demande.

Par exemple, « Quand tu m’appelles « Nain de jardin », cela m’énerve et me fait de la peine parce que tu te moques de moi. Je voudrais que tu arrêtes de dire cela et que tu m’appelles par mon prénom : Gabin. Tu as compris ? »

Il n' y a aucune honte à demander de l'aide et il est crucial pour un enfant de reconnaître et d'accepter qu'il est victime de harcèlement. Parler de la situation à un adulte de confiance, qu'il s'agisse d'un parent, d'un enseignant ou d'un conseiller scolaire, peut être le premier pas vers une diminution ou une disparition des faits de harcèlement. L'idée n'est pas d'intervenir à sa place mais, de trouver ensemble, un moyen pour que l'enfant ne se laisse plus faire.

Quand un enfant ose raconter ce qu'il ressent et ce qu'il traverse à quelqu'un en qui il a confiance, son imagination et sa peur reculent. De plus, le simple fait d'être entendu et écouté peut apporter un soulagement immense à l'enfant, lui permettant de se sentir moins seul face à ses préoccupations.

Alors que les enfants du primaire ont souvent le réflexe de se confier à leurs parents ou à leurs enseignants, cette habitude tend à changer dès le passage au collège. À ce stade, des sentiments de honte (de ce qu'ils subissent, de ne pas savoir se défendre tout seul), de peur de décevoir et de crainte de représailles prennent le dessus, rendant plus difficile pour les élèves de partager leurs difficultés avec les adultes.

Quand un enfant prête trop d'attention à ce que les autres enfants disent, cela peut semer le doute en lui et l'inciter à faire des choix qui ne lui correspondent pas forcément. Vous pouvez l'aider en lui apprenant à réfléchir sur le fait que ce que l'autre enfant dit est-il vraiment pertinent et fondé sur des faits, ou si c'est juste son point de vue personnel. Il est important de lui expliquer que suivre aveuglément l'avis des autres peut nous éloigner de nos propres envies et objectifs.

Il est utile de discuter avec lui en lui posant des questions comme : "Penses-tu que ce que X dit est vraiment important ?" , "Est-ce que tu laisses ce qu'il dit influencer ta façon d'agir ?" , "Qu'est-ce que cela changerait pour toi si tu ne te souciais plus de ce que peut raconter X ?". Ainsi, il pourra prendre conscience de l'impact de l'opinion des autres sur ses décisions et trouver des moyens de s'en détacher, comme se concentrer sur ses propres valeurs et désirs plutôt que sur les jugements extérieurs.

Médiation harcèlement scolaire
Médiation harcèlement scolaire

La médiation est un processus collaboratif visant à prévenir ou à résoudre les conflits mineurs entre élèves, en faisant intervenir un tiers appelé médiateur formé à cet effet, pour faciliter la recherche d'une solution satisfaisante pour toutes les parties impliquées.

Le rôle du médiateur consiste principalement à aider les élèves à apaiser les tensions, à trouver des solutions constructives et à renouer le lien social. L'objectif est de favoriser l'amélioration du climat scolaire en intervenant rapidement sur les conflits entre élèves, en créant un espace de dialogue au sein de l'établissement scolaire et en plaçant les valeurs de solidarité et de respect au cœur des interactions quotidiennes.

Dans le cadre du programme national pHARe, certains élèves apprennent à devenir médiateurs. En cas de dispute, ils aident leurs camarades à trouver une solution.